La Technique du vitrail
REALISATION DES TRACÉS ET CALIBRAGES
Faire un vitrail débute par la réalisation d’une maquette à l’échelle 1/10e que l’on va ensuite reproduire grandeur nature. Ce dernier tracé est ensuite découpé le long des lignes du dessin: il s’agit du calibrage
LE CHOIX DES COULEURS
Le choix des verres concourre à la réussite d’un projet. Ce choix varie selon le lieu où sera intégré un vitrail : le paysage en fond, la lumière directe ou indirecte sont autant de facteurs qui vont apporter des variations de lumière. Dans mes compositions à base de verres recyclés, ma gamme est limitée et c’est ce qui m’interesse le plus. Avec mes contraintes de quantité, je souhaite faire jouer au mieux les matières avec les couleurs, par exemple mettre en opposition des verres soufflés qui comportent des bulles et stries à des verres industriels qui vont apporter de la texture et ce dialogue entre eux va intensifier les jeux de reflets et de lumière.
LA COUPE DU VERRE
Après avoir découpé mes calibres de papiers, je m’emploie à découper chaque pièce de verre manuellement. Pour cela j’emploie un coupe verre, outil ressemblant à un stylo qui se prend en main comme tel. Il permet de couper grâce à sa pointe en carbure de tungstène et il existe plusieurs épaisseurs de pointe selon les verres qu’on doit couper. Dans le projet de créer des vitraux à partir de verres recyclés issus de bouteilles, le coupe verre ne sera pas suffisant car l’épaisseur est importante et le verre est en forme, ce qui rend la coupe plus délicate. Je suis en train de réflechir à la fabrication maison d’un coupe bouteille…
MONTAGE AU PLOMB
Le montage au plomb est la technique traditionnelle de montage, c’est l’étape où on assemble les pièces de verre entre elles à l’aide de baguettes de plomb. celui-ci étant assez maléable, il se coupe à la taille souhaitée et peut se travailler aussi bien en ligne droite et rigide qu’en arrondi. Il existe des plombs de différentes largeurs, ce qui va permettre de mettre en lumière certaines lignes et créer un côté graphique au vitrail. Mon expérience professionnelle m’a fait travailler majoritairement au plomb car c’est la tradition mais pour des raisons écologiques j’essaie de l’employer moins au profit de la technique au cuivre, moins toxique. Un vitrail au plomb se veut plus résistant qu’un vitrail au cuivre car il est mastiqué et les pièces de verres sont prises sous les ailes du plomb mais mes oeuvres n’étant pas monumentales, la technique au cuivre est amplement suffisante.
MONTAGE D’UN VITRAIL AU CUIVRE (TIFFANY)
La technique Tiffany vient d’Amerique du nord et on la connait surtout par le biais des lampes du même nom. Elle consiste par enrubanner les pièces de verre d’une bande de cuivre que l’on va par la suite souder. Contrairement à la technique au plomb où les pièces de verre se maintiennent grâce au réseau de plomb soudé et au mastic, en Tiffany les pièces de verre se maintiennent entre elles uniquement grâce à la soudure recouvrant le réseau de cuivre. Cette technique permet de réaliser des vitraux plus fins et plus délicats car on peut obtenir des lignes et un graphisme plus léger. Il existe plusieurs épaisseurs de bande de cuivre selon l’utilisation. C’est une technique que j’ai approfondi et maîtrisé lors de mon expérience professionnelle au Canada et j’avoue la préférer au plomb car le design d’objet me parle plus que l’art monumental.
MASTICAGE
Les vitraux au plomb requiert une étape supplémentaire après le montage, c’est la pose de mastic que l’on insère entre les verres et les ailes du plomb. En atelier, nous le fabriquions nous même à base de blanc de meudon, huile de lin et siccatif, mais il existe également le mastic verrier qu’on achète dans les magasins de bricolage qui peut être utilisé. Ce dernier une fois séché apporte de la rigidité et du maintien au vitrail. Le mastic peut rester de couleur incolore ou pour plus de discrétion peut être coloré avec du noir de fumée.